La Basilique de Saint-Denis, juste au nord de Paris, est deux choses extraordinaires à la fois. C'est le berceau de l'architecture gothique — l'endroit où, vers 1140, l'abbé Suger éleva un nouveau chœur consacré en 1144, dissolvant les lourdes parois romanes en voûtes d'ogives, arcs brisés et une couronne de chapelles rayonnantes baignées de lumière colorée. Suger rêvait d'une église qui « brillerait de la merveilleuse et ininterrompue lumière des vitraux les plus lumineux », et ce faisant, il inventa le style qui se répandrait d'ici à Chartres, Notre-Dame et aux grandes cathédrales d'Europe.
C'est aussi la nécropole royale de France — le lieu de sépulture des rois et reines du royaume pendant plus de douze siècles. Presque tous les monarques français du Xe siècle jusqu'à la Révolution y furent inhumés, et le chœur et le déambulatoire abritent la plus grande collection de gisants funéraires couchés d'Europe. Parmi eux se dressent les tombeaux Renaissance majestueux de Louis XII et d'Anne de Bretagne, de François Ier et de Claude de France, et d'Henri II et de Catherine de Médicis — des monuments de marbre blanc qui sont à eux seuls des chefs-d'œuvre de la sculpture française, au-dessus d'une crypte qui conserve les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
Aujourd'hui, la nef de la basilique reste un lieu de culte vivant, gratuit et ouvert à tous. La visite payante concerne la Nécropole Royale au-delà — le chœur, le déambulatoire, la crypte et l'incomparable rassemblement de tombes royales — ainsi que la Fabrique de la flèche, l'atelier sur place où des artisans reconstruisent la flèche perdue de la basilique selon des techniques médiévales. C'est l'une des visites historiques les plus émouvantes et les moins fréquentées à proximité du centre de Paris : le berceau de la lumière gothique et la compagnie endormie de mille ans de royauté française, à quelques minutes de métro de la ville.